Mais où diable sont passés les hommes dans le Yoga ???

Statistique très parlante : dans un cours de Yoga « lambda » en France, on voit en général 0, 1 ou 2 hommes…

Et pourtant, à la base, le Yoga a été inventé en Inde par des hommes et pour des hommes !

En effet, au début, Pattabbi Jois, le fondateur de l’Ashtanga, n’autorisait pas les femmes à suivre son enseignement. Heureusement (!) par la suite, son ashram s’est ouvert à tous sans distinction de sexe…

Pourtant, les clichés sur le Yoga demeurent tenaces !

Les hommes occidentaux pensent par exemple souvent que le Yoga est une sorte de gymnastique pour les gens qui ne veulent ou ne peuvent pas faire de « vrais » sports. Du coup, le Yoga reste encore très féminin dans les pays occidentaux, surtout lorsqu’il s’agit de Yoga réputé plutôt « doux » comme par exemple le Hatha ou le Yin Yoga.

Mais une chose m’a pourtant frappée en regardant les statistiques de fréquentation de mon blog… En effet, il apparaît que 54, 15% de mon lectorat est composé d’hommes ! Juste ciel ! Mais… ça représente plus de la moitié ! Ca veut dire que plus d’un lecteur sur deux qui lit YogaPassion est un garçon… Incroyable mais vrai !

Est-ce que c’est un signe que plein d’hommes s’intéressent au Yoga mais n’osent pas encore pousser la porte d’un cours ?

Corollaire de tout ça : je reçois régulièrement des messages de la part de mon lectorat masculin

Les 2 demandes les plus fréquentes sont :

  1. Hé Claudia, mais pourquoi tu parles seulement au féminin sur ton blog ? Moi je te suis et pourtant je suis un homme !!!

  2. Hé Claudia, tu pourrais proposer une séance de Yoga spéciale pour les hommes ?

Parfois, je lis même aussi :

Hé Claudia, est-ce que tes cours sont réservés uniquement aux femmes ou alors je peux venir essayer ?

Je trouve ça adorable ! Et bien-sûr que mes cours sont accessibles aux hommes aussi ! Vive la mixité, y compris dans le Yoga !

Alors voilà, si j’écris cet article aujourd’hui, c’est pour faire honneur aux hommes dans le Yoga. Je crois qu’il est plus que temps de redonner sa place et ses lettres de noblesse au Yoga pratiqué par les hommes !

Avec cette idée en tête, je suis justement partie interviewer 7 super yogis qui sont des pratiquants mais aussi des professeurs ou futurs professeurs passionnés de Yoga. Ils ont accepté de partager leur passion avec nous… 

Avant de vous livrer leurs réponses à mes questions, je voudrais leur dire un grand merci pour leur temps et leur implication !

Allez, maintenant c’est parti pour l’interview ! Attention, contenu très inspirant !

Bonne lecture !

Alain Janvier, Professeur de Yoga en région parisienne, dans le 93 et dans le 94

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Claudia YogaPassion : Salut Alain, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Alain Janvier : J’ai 25 ans … de Yoga derrière moi, suis marié et j’ai 2 enfants. J’habite à Neuilly-Plaisance (93). Mon premier métier est responsable du développement dans une société d’informatique pour géomètres à Lognes (77). Je suis aussi professeur de Yoga diplômé par la Fédération Française de Hatha Yoga.

Deux rencontres ont été importantes dans mon parcours sur le chemin du Yoga, la première est celle de mon professeur de toujours Marie S. en 1990, et la deuxième celle avec Colette Poggi, Indianiste et Sanskritiste. Marie m’a amené proche de mes limites ‘yogiques’ au fil des ans, et Colette a véritablement bouleversé mon petit univers, j’ai suivi ses ateliers passionnants de Sanskrit et de pensées indiennes pendant 2 ans. J’ai ensuite fait un voyage en Inde en 2013 qui m’a permis d’approfondir mes connaissances sur l’Hindouisme et aussi le Bouddhisme. Je pratique toujours le Hatha Yoga avec le même professeur Marie S.,  et donne des cours depuis 4 ans le soir chez Energie Forme Fontenay, (94 Fontenay-sous-Bois – Centre Commercial de Val-de-Fontenay), et pour l’association JAS, Joie Air Soleil, à Noisy-le-Grand (93 – 4, allée de Maintenon). Je donne aussi des cours particuliers chez moi et à domicile.

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Alain J. : J’ai toujours depuis la plus petite enfance souffert de terribles migraines (oui ça commence mal !) et aucun traitement n’a été vraiment efficace. Un jour en 1990 je me suis inscrit à un cours de Yoga avec Marie S. près de chez moi à Nation, pensant peut-être trouver une guérison par cette pratique. Comme je le disais précedemment, je n’ai jamais interrompu ces cours depuis. Marie va chaque année en Inde, et elle a alimenté ma soif de connaissance au fil des ans. C’est ce qui m’a conduit à suivre la formation de la Fédération. Les conférences étaient formidables et j’y ai trouvé des réponses à de nombreux questionnements, mais bien sur ces réponses débouchent aussi sur des nouvelles questions…

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Alain J : Il m’arrive de suivre un cours d’Ashtanga ou Vinyasa à Paris, et j’ai découvert récemment le puissant potentiel du Yin Yoga grâce à Philippe Beer Gabel. Mais je reste un fidèle du Hatha Yoga traditionnel, j’ai envie d’ajouter les qualificatifs: indien et dynamique. C’est le Hatha qui a pour moi la plus grande force spirituelle. Il a tout de même été mis au point au fil des siècles par des sages, et n’est pas une mode ou une marque déposée créée récemment. Rien ne vaut pour moi le fait de rester en arrêt du souffle, poumons vides ou pleins, dans les postures comme on le fait en Hatha. Pendant ces instants d’immobilité on peut développer subtilement sa spiritualité, son rapport au monde, à l’univers.  La rétention du souffle invite la conscience.

Je me souviens d’un professeur qui nous a dit une fois:

« Lorsque le souffle est suspendu dans les asanas, les Dieux peuvent faire passer leurs connaissances au pratiquant »

Claudia YP : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Alain J. : Non pas du tout, car dans le cours que je continue à suivre depuis si longtemps avec Marie S.  il y a toujours eut une majorité d’hommes. Elle donne un cours très dynamique et aborde en temps utile pour chacun les postures les plus avancées. Je pense que cela plait aux hommes qu’il y ait un peu de challenge ! La progression, le perfectionnement dans les asanas n’a jamais de fin, et chaque année elle nous ramène des postures nouvelles d’Inde.

C’est le même type de cours que je donne à mes élèves (et j’ai quelques hommes, mais en minorité il est vrai).

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Alain dans la magnifique (et ardue !!) posture du paon

Alain J. : Sans doute la même chose que pour les femmes, non ? En dehors de la souplesse, et de l’entretien physique du corps, il y a surtout le contrôle du souffle qui est une véritable arme (de défense) dans la vie de tous les jours. Apprendre à (essayer de) contrôler ses pensées, et l’ensemble de la pratique, nous dévoile un jour une nouvelle dimension à découvrir, et plein de belles choses. Un espace de pensée plus grand, un recul, des possibilités nouvelles de s’aider et d’aider les autres…

… Après réflexion, pour un homme, Claudia, je vois peut-être quand même 2 aspects un peu plus spécifiques: il y a l’acceptation d’introspection, par la pratique du Yoga mais aussi par la méditation; alors que beaucoup d’hommes sont uniquement dans l’image extérieure qu’ils veulent donner. Et puis j’ai découvert, en le ressentant vraiment, la merveilleuse poésie de la nature et de l’univers; sentiments qu’il faudrait cacher par pudeur peut-être pour un homme…

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Alain J. : Pour le pranayama: la respiration alternée en fin de cours lorsque le mental est au plus calme.

Pour la posture, laisse moi en choisir 2 Claudia: Une horizontale et une verticale ! 

Shavasana la posture allongée sur le dos qui représente l’abandon, la relaxation, et me rappelle des bons et étonnants souvenirs de Yoga Nidra.

Et Sirsasana la posture sur la tête, on devrait dire sur les coudes, que j’aime faire dans la nature et qui nous donne un point de vue différent sur le monde et nous offre parfois une découverte inattendue.

Par exemple faire cette posture à plusieurs et regarder les autres, donne tout à coup l’impression que les pratiquants sont tous pendus au plafond, si, si Claudia essaye tu verras !

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Alain J. : Hé bien juste ce qu’un élève m’a dit récemment:

« C’est dingue, après le cours de Yoga je ne conduis pas du tout comme d’habitude. Je suis tellement plus calme, et en même temps très réceptif »

C’est un beau ressenti. Je pense que Gilles, après le cours, est complètement apaisé, détaché, et aussi très ancré naturellement dans l’instant présent. 

Claudia YP : Et tes migraines Alain ?

Alain J. : Eh bien… elles n’ont pas complètement disparu, hélas. Mais sont quand même mieux gérées peut-être grâce à un mental plus stable…

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Alain ?

Alain J. : Pour me suivre, j’ai écrit quelques articles sur le site Zentonik :

Stéphane Shivadas Signorini, professeur de Yoga à Paris

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Claudia YogaPassion : Salut Stéphane, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Stéphane Signorini : Stéphane Signorini, 40 ans, je suis enseignant en Hatha Yoga depuis plus de 11 ans sur Paris. 

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Stéphane S. : A 15 ans mon cousin Marc Signorini m’a donné un cours durant des vacances en Espagne mais sans me faire accrocher. Il m’est surtout resté en mémoire une ambiance inconnue pour moi à cette époque. Vers 21 ans je suis retourné le voir pour quelques mois de Yoga intensif. Là j’ai vraiment adopté le Yoga ! 

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Stéphane S. : Le Yoga étant un grand Tout qui contient ce qu’il faut pour évoluer, grandir, guérir de nos souffrances, etc etc tout me plaît ! 

Pour donner une réponse plus précise, j’aime les postures d’étirements et d’autres dynamiques faites en alternance puis continuer avec des pranayamas très dynamiques puis méditer avec une respirations très lente et longue.

Claudia YP : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Stéphane S. : Aucun préjugé n’encombrait ma tête car je ne connaissais pas le Yoga avant d’en faire. J’avoue qu’à ce moment là j’étais plus centré sur les effets que cela m’apportait que sur ces questions. 

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Stéphane en pleine posture de l’arbre dans un cadre magnifique

Stéphane S. : C’est tellement énorme ce que le Yoga m’a apporté et m’apporte encore à ce jour !! 

La première c’est l’ouverture au monde, je veux dire en cela que ça m’a sorti des jupes de ma mère !!

Bien-sûr tous les exercices de Yoga réveillent mes énergies, me nettoient très profondément et m’apprennent à maîtriser l’ensemble de mon être (corps, énergies, émotions, égo, puissance etc). 

Nous savons que cette pratique à été amenée sur Terre pour permette à l’humanité d’atteindre l’état d’éveil donc tout est possible.

Surtout pour moi nettoyer mon passé en association avec d’autres pratiques non-indiennes.

Il y a tant à dire encore mais le principal est dit en quelques mots.

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Stéphane S. : Délicat à dire…..cela dépend de mon humeur, de ce dont j’ai besoin. Nadi Shuddi sans aucun doute en ce qui concerne les pranyamas.

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Stéphane S. : Un jour après un cours, une femme d’un certain âge me dit qu’elle a rencontré les Anges quand je faisais sonner le bol népalais durant la méditation. C’était tellement émouvant pour elle car cela c’était produit à l’église durant son enfance. C’était si vrai pour elle qu’elle en pleurait de joie !

Cela m’a touché en plein cœur et « donné » une preuve ou une reconnaissance de la Vie que mon Yoga est bon pour les personnes qui viennent…..

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Stéphane ?

Stéphane S. : Sur mon site web Le Souffle Libre et sur ma page Facebook Le Souffle Libre

Yogi Daniel, professeur de Yoga nu pour hommes à Paris

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Claudia YogaPassion : Salut Daniel, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Yogi Daniel : Je m’appelle Daniel, j’ai 57 ans, j’habite Paris et je pratique le yoga depuis 40 ans. Dans le cadre naturiste, je donne des cours de Yoga Nu pour hommes à Paris depuis 4 ans. Ayant travaillé dans une très grande entreprise de transports pendant plus de 30 ans, j’ai pu faire une reconversion professionnelle en faisant du yoga ma nouvelle activité.

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Yogi D. : J’ai commencé à l’âge de 17 ans avec ma mère qui était enseignante de yoga à Paris à la fin des années 70. Elle a été l’une des premières femmes à faire une école de yoga et elle a été diplômée à l’école Eva Ruchpaul. Après quelques années d’interruption, j’ai repris le yoga il y a maintenant 15 ans en suivant des cours d’Ashtanga à Paris dans le beau studio de Rasa Yoga rue Saint Jacques.

Un jour, j’ai reçu un email m’informant qu’un Américain, Aaran Star de Hot Nude Yoga de New York, proposait un stage de yoga nu dans un gîte naturiste. Curieux de découvrir le yoga dans l’habit d’Adam & Eve, je me suis inscrit et j’ai découvert une facette du yoga que je ne pouvais pas imaginer jusque là.

Nous étions une vingtaine de garçons à faire des postures sans pudeur et sans jugement comme je les faisais dans les cours d’Ashtanga. Ce fut pour moi une véritable révélation, faire du yoga sans vêtement permet d’avoir une liberté totale du corps et de l’esprit, sans l’entrave du vêtement, le yoga nu permet donc de se mettre en harmonie avec la nature dans le sens le plus large.

Après des années de pratique, je me suis décidé de faire une formation et devenir enseignant de yoga et de transmettre le yoga nu à la communauté gay et naturiste en France. J’ai fait 4 ans de formation à l’Ecole Française de Yoga à Paris soit 900h de formation entre pratique pédagogique, études de textes fondateurs du yoga et mémoire avec soutenance. Un moment magique et inoubliable.

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Yogi D. : J’aime tout ce que cette belle discipline offre pour chacun de nous quelque soit la lignée. A l’EFY j’ai choisi le yoga de Madras selon l’enseignement de TKV Desikachar dans la lignée de son père Shri T Krishnamacharya. C’est dans cette lignée que je transmets le yoga, cependant j’aime toujours l’Ashtanga et le Vinyasa (un dérivé de l’Ashtanga) et dans ma pratique personnelle comme dans mes cours j’intègre parfois des postures de ces lignées.

Ce que j’apprécie particulièrement c’est la stabilité de la posture, la juste distance dans l’aisance et la fermeté. Lorsque les postures sont faites en dynamique, j’aime les réaliser dans la lenteur et la stabilité du mouvement. 

Claudia YP : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était  un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Yogi D. : Dans mon cas personnel, quand j’ai commencé le yoga dans les années 80, les cours étaient presque uniquement remplis de femmes, puis cela s’est démocratisé surtout depuis les années 2000 avec l’arrivée de nouveaux professeurs qui ont su mieux adapter le yoga à tout le monde hommes comme femmes et même pour les enfants et les personnes âgées. Ces nouveaux professeurs ont développés des yogas plus en adéquation avec le monde moderne actuel.

Cette question est typiquement française car nous sommes frileux de voir le yoga comme une discipline ouverte à tout le monde. Dans les pays anglo-saxons, les pays nordiques et même en Espagne le yoga est plus ouvert. Je suis toujours étonné de voir comment cette pensée perdure depuis les années 70.

Il suffit de faire un cours d’Ashtanga ou de Vinyasa pour se rendre compte que cela demande de l’endurance, de la tonicité musculaire et surtout un souffle régulier. C’est la raison pour la quelle je me suis lancé dans un yoga uniquement ouvert aux hommes. J’ai eu énormément de difficultés à m’imposer dans le monde du yoga car en France nous sommes méfiants à la libre entreprise « hors norme » et nous n’aimons pas le communautarisme. Mais les mentalités heureusement évoluent et j’ai la chance d’avoir constitué un joli groupe où les hommes viennent non pas pour moi mais pour le yoga et ce que je leur transmets avec la sincérité de mon cœur dans sa plus gratitude.

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Yogi D. : Je ne pense pas qu’il faille faire une distinction entre femme et homme pour décrire ce que le yoga apporte. Les bienfaits sont pareils pour tout le monde. Etre dans une attitude de lâcher-prise, de recentrement sur son corps et de redécouverte du souffle que l’on soit homme ou femme ce sont les mêmes ressentis. Quand on étudie les textes fondateurs du yoga et j’ai eu la chance de le faire avec des professeurs universitaires spécialisés des religions, des philosophies et des spiritualités orientales à l’EFY, on se rend compte que le yoga est universel. Ensuite dans cette quête du Soi, la détente et la sérénité s’opèrent selon le corps qu’on à dans l’instantanéité du moment avec mes difficultés corporelles et mon âge 😉

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Yogi D. : J’apprécie les postures d’équilibre en général et plus particulièrement la posture de l’arbre ou Vrksâsana. J’ai présenté cette posture à l’examen pédagogique à l’école de yoga en tant que posture libre. On m’a dit que j’étais inconscient de présenter une posture d’équilibre dans le stress de l’examen. Quand je l’ai présentée, seul devant le jury sur un pied et les mains jointes au-dessus de la tête, je me suis senti élancé vers le haut, le pied bien enraciné au sol en équilibre entre ciel et terre.

Concernant le pranayama j’aime surtout ce travail où l’on vient équilibrer les respirations comme Nadishodhana et Pratiloma Ujjayi donc en adéquation avec les postures d’équilibre.

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Yogi D. : J’ai déjà pas mal d’anecdotes à raconter en 4 ans d’enseignement, mais elles sont plutôt dues à des moments normaux d’un enseignant.

Par contre, je voudrais partager avec vous les moments de grands bonheurs quand je vois mes élèves dans un véritable moment de lâcher-prise surtout quand on vient faire une belle séance, les visages sont détendus, les sourires aux lèvres, les corps relâchés et ils repartent le cœur léger en oubliant parfois un tapis, une serviette, un vêtement, et même un portable, c’est dire …. Et ça, c’est un pur moment de bonheur et cela vaut bien plus que toutes les reconnaissances et compliments qu’on puisse me faire.

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Yogi Daniel ?

Yogi D. : Sur mon site web Yoga Arc-en-ciel et sur ma page Facebook Yoga Nu Paris

Mike Charbit, professeur de Yoga à Paris

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Claudia YogaPassion : Salut Mike, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Mike Charbit : Bonjour, je m’appelle Mike et j’ai 43 ans. Je suis en concubinage et j’ai deux garçons de 8,5 ans et 3,5 ans.

Je suis professeur de yoga depuis 2011, certifié par Gérard Arnaud en hatha et vinyasa (RYT 200 yoga alliance).

J’ai travaillé dans le consulting informatique de 1999 à 2012, et je suis actuellement en reconversion professionnelle.  

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Mike C. : J’ai découvert le yoga lorsque j’étais à l’université à Toulouse. J’ai pris mon premier cours en 1995 à l’association sportive, je me souviens les mardis à 17 heures. A cette époque là, j’avais un emploi du temps très léger. J’en avais profité pour m’initier à divers sports, dont le ski, le renforcement musculaire (animé par un  international  du Stade Toulousain …), et même le judo. Je faisais aussi de la photographie (jusqu’à un niveau semi pro), mais ça c’était avant … Et je me suis aussi initié au yoga. Mes premiers cours avaient lieu dans une salle de danse, avec une prof dont je me souviens des lunettes rondes. Elle devait avoir la quarantaine et me paraissait très spéciale. Honnêtement, je ne me souviens plus de quelle pratique il s’agissait, seulement que c’était spécial. Elle débutait sa séance par des rotations de cheville en position assise, chose que je n’ai plus revu depuis, et ne répondait à aucune question en privé. Elle consacrait dix minutes à la fin aux questions et il fallait les poser devant les autres.

Je me souviens avoir assez vite ressenti de la frustration à l’idée de ne pas pouvoir assister à un de ses cours. 

Ma pratique s’est ensuite effilochée dans le temps. A Paris (où je suis arrivé quelques mois plus tard), j’habitais juste en face du temple Sivananda sur le boulevard Sébastopol. Alors encore étudiant, j’avais suivi là bas un stage de 10 séances de deux heures sur le thème de la posture sur la tête (Sirsasana). Je l’avais fait par convenance géographique puisque je voyais les pratiquants depuis ma fenêtre et le numéro était inscrit en très gros sur la devanture. Il n’y avait pas un internet aussi développé à cette époque là, et  le groupe des professeurs de yoga n’existait pas à l’époque 😉 Mark Zuckerberg (fondateur de Facebook) était encore en train de passer son brevet des collèges LOL !

J’avais vu ce qu’était alors qu’une vraie pratique, sortie du contexte personnel très vide et désorienté dans lequel je m’étais engouffré. Au final je ne savais toujours pas faire Sirsasana, mais ce n’était pas grave, l’expérience avait été positive. 

J’avais évalué mes limites tant psychiques et physiques.  J’avais surtout pris conscience qu’il fallait les écouter et les respecter. 

Ce n’est donc que quelques semaines plus tard que je m’étais enfin élevé en sirsasana, avec une pratique un peu plus rigoureuse que le fait de me jeter contre le mur la tête en bas et en balançant les jambes. C’était en 1997 / 98.

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Mike C. : Je n’avais pas de style de prédilection, encore aujourd’hui je suis ouvert à tout. On n’a jamais fini de découvrir…

Je pratique l’ashtanga depuis un an et demi, j’avais fait un peu de bikram (là aussi pour voir …) en 2006, et je ne sais pas ce que je ferai demain en la matière (un cursus 500h peut être).

En ce moment, je suis une formation de coach de fitness, et là aussi je vais de découvertes en découvertes dans un domaine normalement différent. Cela semble s’éloigner du yoga, mais en définitive pas tant que cela. 

J’ai pratiqué de façon très personnelle et aléatoire depuis le début de mon engagement, et de fil en aiguille mon point de vue a évolué, mûri sur l’apport de la discipline en accord avec ma propre expérience de la vie. Mon investissement est devenu plus rigoureux et serein, sans la gêne d’un sentiment de performance. 

Claudia YP. : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Mike C. : Pour être honnête, à ce fameux cours de la salle de danse, j’étais le seul homme. On devait être une petite huitaine et j’étais embarrassé. On ne m’avait jamais mis mal à l’aise mais je me sentais un peu à l’écart  dans mon coin à faire tournoyer mes chevilles. Mais je tenais à découvrir et explorer, et déjà je devais faire face aux regards de mes amis de fac qui ne voyaient là qu’une opportunité pour moi d’aller voir des filles. C’est très bête un étudiant de fac vous savez parfois pffff …

Sur le côté sportif, j’ai vite vu que cela n’avait rien à voir, à part le fait que cette pratique se déroulait dans le contexte de l’association sportive. Les élèves faisaient aussi tous du sport à côté, sauf la prof.

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Mike C. : Le yoga tel que je le pratique aujourd’hui m’apporte énormément. Je ne vais pas revenir sur les bienfaits tant cités et re cités partout : meilleur bien-être, meilleure condition physique, meilleur souffle, meilleure souplesse, meilleure posture au quotidien, meilleur tout …

Cela m’aide surtout dans mon rôle de papa à, d’une part, garder patience, même si c’est parfois difficile, et à être plus bienveillant envers ma famille. 

Je constate avec l’âge et le temps qui passe que les énergies négatives sont néfastes, et je parviens désormais à les minimiser,  voire les éviter complètement : jalousie, jugement d’autrui, dé-sensibilisation sur les aspects matériels …

Enfin, sur l’âge et le temps, je tends à l’assumer de mieux en mieux et je n’appréhende pas le futur. La vieillesse ne me fait pas peur, contrairement à d’autres connaissances qui enchainent les angoisses sur la quarantaine, la cinquantaine et autres, et ce, même si ce n’est pas évident tous les jours.

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Mike C. : J’en ai plusieurs.

Dans ma pratique et selon ma forme, j’essaie de mettre un peu de tout dans ma séance.

Je privilégie les ouvertures de hanches (bakasana et variations : badha, upavishta), justement aussi parce qu’elles permettent d’évacuer les tensions émotionnelles. Je n’ai compris cela que sur le tard, mais je les ai toujours faites de façon inconsciente par rapport aux émotions négatives. 

J’introduis également des postures telles que les virabhadrasana, anjaneyasana, (ardha) paschimottasana, hanumasana, chaturanga et des postures inversées ardha sethu bandasana, chakrasana, ainsi que adho mukha vrkhsasana (au mur), pincha mayurasana (au mur aussi !)

J’intègre également la série des prasarita depuis quelques mois, en particulier la variation prasarita padottanasana C pour ouvrir les épaules… 

En réalité, elles sont trop nombreuses à décrire car je ne peux pas me passer de chacune d’elles !

Je mets toujours savasana d’une façon systématique pour conclure, même pour deux minutes, parfois avec le minuteur quand mon timing est serré (et cela arrive souvent !)

Concernant le pranayama, je me suis toujours contenté de ce qu’on m’a appris, en particulier la respiration Ujjayi en ashtanga. Mais j’ai surtout retenu que la respiration nasale restait le plus efficace, moi qui respirais par la bouche en permanence.

J’ai aussi travaillé les bandha, et uddiyana bandha en particulier il y a quelques années, que je continue à pratiquer le matin. J’ai mis plusieurs années à comprendre de quoi il s’agissait, et j’ai pu accéder au nauli après plusieurs mois de pratique.

D’un autre côté, il m’arrive aussi de ne jamais faire certaines postures, ou de faire certaines postures mais que dans un contexte de cours (quand je les prends).

Dans les cours que je donne par contre, je ne propose que des postures que j’ai l’habitude de pratiquer.

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Mike C. : J’en ai plein !

Voici mon premier cours collectif. Il s’est passé alors que j’étais encore en mission informatique chez un « gros client » (comprendre : grand site de 2000 personnes) en 2011. Au sein de cette structure, la salle de sport m’a demandé de faire une animation yoga. Une animation, dans le milieu du fitness, c’est un cours qui n’est proposé qu’une fois à titre de démonstration et de présentation pour le public qui le découvre. Les animations sont en général le moyen d’évaluer si un concept ou un nouveau cours peut fonctionner.

Je ne m’attendais pas à cette invitation et le responsable a limité le nombre de places à 20 personnes, sur inscription.

Il m’avait prévenu :

« Ca va se remplir très vite »

Il avait laissé la feuille à l’entrée, et en moins de trente minutes en effet, les gens se sont inscrits et le cours était complet. Il devait avoir lieu la semaine suivante, sur l’heure du déjeuner.

Le jour J, j’étais arrivé en avance pour préparer la salle (et surtout me préparer psychologiquement). Le responsable m’avait un peu chambré :

« Tu as la trouille ! »

et il n’avait pas tout à fait tort.

Je n’avais donné jusqu’alors que des cours privés, donc cela était complètement différent. En plus ici, j’étais sur mon lieu professionnel et mon client n’était pas au courant. Il faut dire que je ne le voyais pas tous les jours non plus et j’ai su qu’il l’avait appris par la suite.

Tout le monde était arrivé en même temps, sauf deux trois personnes bien en avance. Parmi les élèves, il y avait des gens de mon étage qui étaient surpris. On s’était lancé un « bonjour » de loin, comme pour dire « Ah c’est lui ? ». La salle était à présent bondée.

Au milieu, un directeur avait pris place. Il ne me l’avait pas dit, je ne le connaissais pas mais je l’avais bien compris. Je me souviens même de son prénom : Daniel.

Je m’étais rappelé le conseil de Gérard Arnaud (parmi tant d’autres) dans ces cas là : le plus dur est d’observer les gens, pas de faire, puisque faire, on fait tous les jours.

Le responsable avait pris place parmi les élèves. Je vérifiais la montre, la hantise de tout professeur : maitriser son heure. Elle était à portée de tapis.

Juste au tout début, j’aperçus mon collègue de bureau par la vitre qui venait faire sa séance à la salle. Je le l’avais pas prévenu de l’animation et lorsqu’il m’a vu, il ne comprenait pas et faisait une tête incroyable.

Le cours commença dans un silence assourdissant, et se passa finalement très vite. Je me souviens avoir fait pas mal de postures assises, sûrement par peur de m’essouffler, car personne n’avait pratiqué et il fallait que je montre le minimum, pour ne pas dire tout.

A la fin, les gens qui attendaient pour le cours suivant étaient agglutinés devant la porte vitrée. On me fit signe de libérer la salle avec un certain empressement. La vie suit son cours and « the show must go on » … L’animation se terminait … déjà. 

Après un savasana express, les gens avaient applaudi et on m’avait posé quelques questions, notamment celle –ci « Quelle est l’autre forme de yoga ? »

J’étais ressorti, et je retrouvais les autres adhérents en me rendant au vestiaire. J’avais pris ma douche comme après une séance de sport traditionnelle et j’étais remonté à mon bureau ensuite. Je ne vous cache pas ma grande satisfaction intérieure.

En tant que consultant (ma raison officielle de ma présence sur place, je ne l’oublie pas !), c’était bien la première fois que j’avais enclenché des applaudissements pendant ma mission. Lol.

A mon retour dans le bureau, mon collègue était ahuri. Il avait dit à tout l’étage :

« C’est Mike qui a fait le cours !! »

Les autres personnes qui avaient assisté au cours, et que j’avais l’occasion de recroiser dans les couloirs par la suite, m’avaient désormais toutes dit bonjour le matin d’une façon quasi amicale, très respectueuse, avec une empathie rare dans ce genre d’endroit.

Pourtant, je n’étais qu’un simple consultant en mission temporaire, et je me contentais habituellement d’un simple bonjour du regard. C’était déjà pas mal !

Cela reste un agréable souvenir, et m’aide encore aujourd’hui à me dire :

« Faut se lancer, il n’y a rien à perdre »

Mais il ne faut pas croire que pour mes cours collectifs suivants, je me sentais plus à l‘aise. Il m’a fallu quelques séances, dans les structures suivantes, pour trouver mon rythme de croisière,  notamment grâce au placement de la voix, qu’il faut travailler (on ne le dit pas assez) entre autres !

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Mike ?

Mike C. : Sur mon site web Mike Yoga Paris.

J’ai aussi un blog Mike YogaParis.com mais il n’est plus à jour, dans lequel j’avais une rubrique sur le yoga

Je suis aussi présent sur Facebook sous le nom de Mike Asanas.

Philippe Beer Gabel, professeur de Yoga à Paris

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© Kris Maccotta

Claudia YogaPassion : Salut Philippe, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Philippe Beer Gabel : Philippe Beer Gabel, 33 ans, compositeur/interprète et professeurs de Yin Yoga & Yoga Nidra dans divers studios parisiens. J’ai fait une formation en Hatha et Ashtanga à Rishikesh en Inde et en Yin Yoga à Vancouver avec Bernie Clark & Diana Batts.

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Philippe BG : J’ai découvert le Yoga en 2009 à Austin, TX aux Etats Unis. J’ai fait un voyage là-bas et suis resté un temps via une recherche sur couchsurfing avec Maranda Pleasant, une femme extraordinaire qui est la fondatrice du magazine Mantra consacré au Yoga et aux mode de vie conscient de l’écologie.

Je n’avais jamais eu d’attirance particulière pour le yoga mais me suis retrouvé dans un cours de vinyasa avancé. La discipline que requiert le yoga et la prise de conscience de son corps, de sa respiration m’ont beaucoup remué.

Sans que cela constitue une révélation (contrairement à la découverte du Yin Yoga) c’est rapidement devenu un outil dans lequel j’ai été puisé pour gérer un certain nombre de situations de stress.

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Philippe BG : Le Yoga signifie pour moi la paix de l’âme. Il m’offre la possibilité de me connecter à moi-même, de prendre de la distance sur le monde. C’est une boite à outils pour accueillir avec simplicité ce qu’il y a de plus spirituel dans la vie.

Amoureux du Yin Yoga et du Yoga Nidra, j’apprécie le Jivamukti et le Ashtanga.

Je me concentre sur l’enseignement du Yin et du Yoga Nidra car ces deux pratiques me semblent apporter des bénéfices à long terme très appréciables et dont notre société très Yang a crucialement besoin.

Claudia YP : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Philippe BG : Je n’avais pas d’à priori spécifique. Aux Etats Unis la population se rendant à des cours de yoga est assez variée.

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Philippe en pleine posture de l’enfant devant le Centre Georges Pompidou à Paris ©Dimitri Roulland

Philippe BG : Le yoga m’aide de manière multiple dans la vie de tous les jours. Il m’aide à regagner de la présence, du calme, du confort, à stabiliser mon humeur ainsi que lorsque je dois produire un effort particulier.

Quand je fais du vélo par exemple mes connaissances et ma compréhension de certaines postures me permet de placer mon poids au bon endroit. Je viens fréquemment solliciter des points sur lesquels que l’on vient investir en Yin Yoga. Le point de pression que l’on crée par exemple dans la posture de Sphinx, de Seal et Saddle est incroyablement puissant.

Quant au yoga nidra il m’a littéralement sauvé sur une année difficile où mes journées de travail étaient à rallonges. Il m’a apporté le repos nécessaire. C’est aussi un outil dont je me sers souvent pour aller sonder ce qu’il y a au fond de moi et amorcer des changements de comportements limitants. 

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Philippe BG : Ma posture favorite est la posture de Yin que l’on appellee Saddle. C’est une posture très détoxifiante et qui a un impact sur la digestion et la flexibilité du bas du dos. Quant au Pranayama j’apprécie particulièrement Brahmari (Bumble Bee breath)

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Philippe BG : Mon plus beau moment en tant que prof a été lors d’un cours que j’ai eu la chance de donner au Japon à Fukuoka.

Une élève est venue me voir à la fin du cours pour me dire :

« Ce soir grâce à la pratique, j’ai pu me connecter et accepter mon corps tel qu’il est »

Ca a été un très beau cadeau.

 

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Philippe ?

Sur mon site web Beer-Gabel.com et sur ma page Facebook Yin Yoga Paris.

Christophe Millet, professeur de Yoga à La Rochelle

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Claudia YogaPassion : Salut Christophe, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Christophe Millet : Christophe Millet, 52 ans, professeur de yoga à La Rochelle, directeur de l’Ecole du Souffle.

Claudia YP : Quand et comment as-tu découvert le Yoga ?

Christophe M. : A l’âge de 20 ans avec un ami puis plus tard vers 30 ans pour soulager des problèmes de dos.

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection ?

Christophe M.J’aime le fait de n’avoir besoin de rien. Que les outils sont en nous. On peut le pratiquer partout, n’importe où, quel que soit le temps. J’aime le hatha, le vinyasa. J’adore la méditation et le pranayama, les chants de mantras. J’aime toutes les branches du yoga.

Claudia YP. : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?
Christophe M. : Non, je n’avais pas d’idée préconçue.

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte ?

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Christophe M. : Un recul nécessaire sur la vie en général. Je me recentre et ainsi je m’intègre mieux à mon environnement.

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Christophe M. : Halasana et nadhi shoddhana

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Christophe M. : Une nouvelle élève qui pique une crise de colère à la fin d’une méditation silencieuse de 30mn. Elle évoque la « violence », c’est le mot utilisé par elle-même, de ce silence prolongé.

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Christophe ?

Christophe M. : Sur mon site web Ecole Du Souffle et sur ma page Facebook Christophe Ecole Du Souffle

Cyril Voci, parisien et actuellement en formation de professeur de Yoga

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Claudia YogaPassion : Salut Cyril, peux-tu te présenter en quelques mots ?

 Salut, je m’appelle Cyril, j’ai 43 ans et je vis à Paris. Après avoir travaillé dans diverses grosses entreprises où la pression était constante, j’ai décidé d’arrêter ce cycle infernal et de me reconvertir. Je suis devenu musicothérapeute et je suis actuellement en train de me former en tant que prof de yoga.

 ? Claudia YogaPassion : Quand et comment as-tu découvert le Yoga  

J’ai pris mon tout premier cours de yoga il y a environ 6 ans chez un ami qui ouvrait sa salle dans le 18ème. Je n’ai pas continué malgré mon intérêt et c’est il y a environ deux ans que je me suis vraiment immergé totalement dans une pratique quotidienne en allant à un cours d’ashtanga conseillé par une amie où la prof était vraiment super cool.

Claudia YP : Qu’est-ce que tu préfères dans le Yoga et as-tu un ou des style(s) de prédilection?

 Au début, le côté physique de l’ashtanga m’a tout de suite plu et c’est ça qui m’a conquis je pense. Depuis j’ai pris des cours un peu partout avec des profs complètement différents et dans divers styles pour voir un peu ce qui se faisait et surtout appréhender les différentes approches et les apports des différentes écoles.

Claudia YP. : Est-ce que toi aussi, au début, tu pensais que le Yoga, c’était un truc de femmes ou alors réservé aux gens pas sportifs ?

Je n’ai jamais pensé que le yoga était un truc de femmes et que c’était réservé aux gens pas sportifs. J’ai toujours fait beaucoup de danse et d’autres activités considérées comme féminines donc je n’avais pas d’à priori. Quant au côté pas sportif, au contraire, je me suis toujours dit que le yoga était quelque chose de très physique, surtout la

façon dont il est enseigné en occident où il n’y a quasiment que ça qui est enseigné et qui attire la majorité des gens.

Claudia YP : En tant qu’homme, est-ce que tu pourrais me décrire ce que le Yoga t’apporte

cyril-yoga-posture-aigleEn tant qu’être humain, car je ne pense pas qu’il y ait de différence entre un homme et une femme, le Yoga m’a complètement transformé et changé profondément à un point

 que je n’aurais jamais imaginé. D’ailleurs mon ami avec qui j’avais pris mon tout premier cours m’avait toujours dit que le yoga vallait bien mieux qu’une thérapie chez un psy.

Depuis que je pratique, j’ai vu et senti les changements très rapidement et à niveau que même plusieurs années de psy n’ont pas réussi à égaler. Depuis quelques temps, j’approfondis le côté non-physique et mets beaucoup plus en pratique les yamas et niyamas. Deux blessures consécutives m’ont ouvert les yeux.

Je me suis aussi inscrit dans le D.U d’études yogiques à l’université de Lille où les enseignements sont super riches et très variés et j’ai eu un prof qui nous a beaucoup parlé de respiration et ça a été une vraie révélation, même si la respiration était déjà très importante dans ma pratique. La blessure et ce cours dans la même semaine ont été comme un chemin qui arrive à un croisement où il faut choisir d’aller à droite ou à gauche.

Claudia YP : Quelle est ta posture et quel est ton pranayama préféré ?

Je n’ai pas de posture préférée ni de pranayama préféré. Je pratique tout ce que je peux pratiquer à mon rythme, pas à pas, en apprenant toujours un peu plus et en découvrant différentes techniques ici ou là, dans des cours, avec des personnes différentes qui ont toutes quelque chose à apporter.

Claudia YP : Peux-tu nous raconter une anecdote de cours ?

Je ne suis pas encore tout à fait prof car en formation, mais je donne quand même quelques cours de temps en temps. Une fois j’ai donné un cours chez des amis et les enfants d’un couple étaient là. Au début, les enfants, que je laissais faire ce qu’ils voulaient sans leur instruire quoi que ce soit comme aux adultes, faisaient les clowns tout en essayant de copier les grands. Les adultes étaient quelque peu déconcentrés voire même irrités. Puis, les enfants se sont calmés petit à petit et ont fait les postures bien mieux que les adultes alors que je ne leur disais rien ni ne leur donnais aucune consigne

Claudia YP : Où peut-on te retrouver sur le web Cyril ?

Sur ma page Facebook perso en attendant la création prochaine de ma page Yoga.

Et voilà, cette interview à 8 voix prend fin ici. J’espère qu’elle vous a plu et inspiré(e) !

Ne soyez pas timide et…

Réservez votre cours de Yoga avec moi !

Pour le bien de l’humanité, nous avons besoin de plus de femmes ET d’hommes pratiquant le Yoga régulièrement 🙂

A vous de jouer maintenant dans les commentaires !

  • Et vous, en tant qu’homme, qu’est-ce que vous appréciez dans le Yoga ?
  • Est-ce que c’est parfois intimidant de pratiquer avec une majorité de femmes ?
  • Et si vous êtes une femme, est-ce qu’il y a aussi des hommes qui pratiquent dans votre entourage ? Si non, est-ce que vous avez déjà essayé de leur faire découvrir votre pratique ?

Pstt, petite info avant de partir : 

Je vous proposerai bientôt un autre article concernant le Yoga pour hommes avec notamment une sélection spéciale de postures et d’exercices de respiration… Alors restez posté(e) !

 

 

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