Aujourd’hui, j’ai le plaisir d’interviewer Aline, l’une des femmes qui m’inspirent au quotidien.

Aline a un parcours et une personnalité passionnants et j’espère que vous allez vous régaler en passant un moment avec elle.

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Claudia YogaPassion : Bonjour, j’espère que vous allez bien, aujourd’hui j’ai le plaisir d’accueillir Aline Perraudin, directrice de Santé Magazine et auteure du livre Le Dos En Compote, publié chez Flammarion. Je suis vraiment contente d’interviewer Aline parce qu’on s’est rencontrées déjà plusieurs fois à l’occasion d’ateliers de Yoga. On a aussi une passion commune pour la gastronomie. On va discuter aujourd’hui de plusieurs sujets : santé, gastronomie et aussi mal de dos.

Es-tu okay, Aline, pour te présenter en quelques mots pour les personnes qui ne te connaissent pas encore ?

Aline Perraudin : Bonjour Claudia, oui je suis okay 🙂 Si je devais me définir, je dirai que je suis une journaliste qui est curieuse et qui a toujours adoré être une passeuse d’informations.

Je me suis plutôt spécialisée, depuis 20 ans, dans la santé, qui, avant Internet était un domaine assez fermé. On avait peu d’infos et c’est pourtant un domaine important pour nous toutes et tous. Ca allie bien le côté humain et scientifique où il y a toujours des découvertes et des choses qui changent.

Claudia YP : Okay. Comme tu es directrice de Santé Magazine, peux-tu nous parler de la publication, de ce que vous faites et des sujets que vous traitez ? 

couverture-sante-magazine

Aline P. : C’est un mensuel et ça a été l’un des premiers mensuels santé destiné au grand public puisqu’il a été créé en 1976, il y a déjà fort longtemps. Il s’adresse aux femmes en priorité – mais pas que. Il parle de la santé dans ses aspects holisitiques : psychologiques, physiques, environnementaux… C’est important d’avoir une vision très large de la santé car la bonne santé ne se résume pas à la médecine. La bonne santé, c’est faire de l’exercice, bien dormir, avoir les organes qui sont silencieux et ne font pas trop parler d’eux. Pour ça, on essaie de donner aux lectrices des clefs pour qu’elles aillent mieux, qu’elles apprennent à gérer leur stress, à mieux manger, à faire de l’exercice. Tout cela pour mieux se porter.

Claudia YP : Super. En plus de ton travail chez Santé Magazine, tu as publié un livre qui s’appelle Le Dos En Compote. Je l’ai lu et je l’ai dévoré ! Je dois dire que je me suis vraiment régalée. J’ai trouvé que c’était un livre assez personnel et en même temps rempli de conseils très précieux pour les nombreuses personnes qui ont mal au dos. Es-tu d’accord pour nous parler de ton parcours avec le mal de dos et ce qui t’a amenée sur ce sujet-là ?

le dos en compote aline perraudin

Aline P. : Ce livre m’est très cher car il est en effet parti d’une expérience personnelle : j’avais mal au dos et je ne trouvais pas de solution(s). On me donnait des médicaments et ça n’allait pas mieux. J’étais un peu désespérée parce que la douleur s’installait. Et plus on a mal, plus on est déprimé.e ; quand la douleur devient chronique, on perd confiance en soi.

Comme je suis journaliste santé, j’ai fini par regarder les études sur le mal de dos. Une étude m’a frappée car elle montrait que la prise en charge de la lombalgie dans le monde était très mauvaise et qu’on médicalisait trop le mal de dos.

Je me suis alors dit : « Je vais m’en sortir moi ».

S’il y a une chose à souligner qui est extrêmement importante, c’est celle-ci : « Le meilleur médicament, c’est le mouvement, évidemment dans la limite de la douleur. »

Il faut rester en activité. C’est ce que j’ai fait. J’ai arrêté d’aller voir le kiné chez lequel j’étais passive et de prendre des anti-inflammatoires. J’ai testé beaucoup de techniques : le Pilates, le Yoga, le Gyrokinesis – qui, moi m’a fait beaucoup de bien – la barre au sol. En fait, ce sont la reprise du mouvement et la lutte contre la sédentarité qui m’ont permis de reprendre confiance en moi, de prendre du temps pour moi, de me re-muscler et de vaincre ma douleur.

Forte de cette expérience, j’ai voulu la partager parce que beaucoup de personnes sont démunies et ne savent plus quoi faire. Je voulais délivrer un message d’optimisme en disant qu’en changeant même de petites choses, on pouvait en fait changer beaucoup. Il ne s’agit pas de devenir une grande sportive, mais, chaque jour, de se mobiliser, même au bureau, d’essayer de se lever, de faire quelques pas. On peut vraiment aller mieux et j’en suis la preuve. 

Claudia YP : C’est vraiment intéressant, dans ton livre, de voir à la fois l’aspect lombalgie aigüe et l’aspect prévention et hygiène de vie en général. J’ai beaucoup apprécié. J’ai personnellement eu un lumbago une fois. C’était il y a plus de 10 ans et je me souviens encore de cette douleur fulgurante.  On m’avait dit : « Restez allongée pendant 2 semaines. » Je ne l’avais pas vraiment fait parce que rester allongée sans bouger, comme tu dis, c’est encore plus déprimant…

Aline P. : Oui on se focalise sur la douleur quand on est immobile et ça accentue les raideurs. Ce n’est pas du tout le bon traitement. Je pense que le mal de dos est un signal qu’on est trop sédentaire, qu’on ne bouge pas assez, qu’on en a « plein le dos », l’expression est éloquente.

On parle beaucoup des écrans qui sont mauvais pour la concentration, pour notre intelligence etc. Mais on ne dit jamais qu’ils nous rendent très immobiles, très sédentaires, qu’ils nous donnent « le dos en compote. » En fait, notre corps est fait pour bouger, il faut en prendre autant soin que notre cerveau.

Claudia YP : Oui, il y a ce lien fondamental entre corps et esprit. Dans nos sociétés, on a tendance à masquer le corps et ses messages et à être en majorité actifs/ves au niveau cérébral, c’est dommage…

Aline P. : Là, je suis tout à fait d’accord ! On a l’impression qu’on n’est plus que des têtes pensantes. Et d’ailleurs, quand on regarde le transhumanisme, on imagine qu’on ne sera bientôt plus que des têtes, isolées de leurs corps…

Claudia YP : Oui… Heureusement qu’il existe des disciplines, des pratiques, qui permettent de se reconnecter à son corps. Par exemple le Yoga, les disciplines chinoises, le Pilates… Ca change des cours de Fitness où on saute en l’air avec de la musique et où on force beaucoup….

Aline P. : Ah oui, je pense que les cours avec toi, d’ailleurs, sont une approche qu’on n’avait pas avant. Quand j’étais jeune, on valorisait beaucoup l’effort, la souffrance, il fallait avoir des courbatures ! En fait, les disciplines orientales nous réapprennent à nous mouvoir sans maltraiter notre corps.

Claudia YP : Oui et c’est à contre-courant des valeurs de nos sociétés qui glorifient la vitesse, la productivité, l’efficacité… En tout cas, tu as un compte Instagram qui s’appelle @thebestofdiet, dans lequel tu présentes beaucoup de photos d’assiettes. Je voulais te demander quelle gastronome / quelle gourmande tu es.

the best of diet aline parading

Un exemple de publication Instagram d’Aline qui nous met l’eau à la bouche !

Aline P. : Oui et le nom de mon compte Instagram est un peu un trait d’humour. Je pense en effet que la meilleure diététique est celle qui n’est pas restrictive, punitive. Aujourd’hui, on revient de ces diètes qui font beaucoup de ravages, qui restreignent, qui imposent des règles qui ne respectent pas la faim, le sentiment de satiété. On dérégule alors tous nos signaux corporels et en fait ça fait grossir. L’alimentation est bien-sûr faite pour nous nourrir mais c’est aussi un élément très important de plaisir.

Moi j’adore bien manger dans tous les gens du terme : manger « bon » et équilibré. Et ça peut aussi se faire avec des sucreries. Quand des gens me demandent : « Mais on peut manger ça ? Du sucre ? Du chocolat », je leur réponds toujours que rien ne doit être interdit. L’équilibre est très individuel selon l’activité de chacun.e, son âge etc.

Je dirais donc que je suis une gourmande depuis toujours, depuis l’enfance. Maintenant je suis plus une gourmande sans viande puisque je l’ai arrêtée il y a 4 ans. C’est la chose dont je suis le plus fière. J’ai arrêté de manger des animaux terrestres et, un jour, si j’y arrive, j’aimerais aussi arrêter de manger du poisson, je n’y suis pas encore tout à fait pour le moment…

Claudia YP : C’est vrai que ton compte Instagram met bien en valeur la composition, les couleurs dans l’assiette, les différentes textures (comme les émulsions). Tout cela est très appétissant. Chaque fois que je vois ton fil Instagram, ça me donne envie de prendre du plaisir à la fois en cuisine et dans l’assiette. C’est très inspirant, merci pour ça !

aline perraudin santé magazine

Une autre photo prise par Aline et qui fait la part belle à l’avocat, roi de l’assiette ! Miammm

Maintenant, je voulais te poser la fameuse question : Si tu te retrouvais un jour sur une île déserte et que tu pouvais emporter seulement un livre et un artiste de musique avec toi, que choisirais-tu ? 

Aline P. : Ahh c’est compliqué ! En fait, il y a toujours plusieurs livres ! Si on reste dans la gastronomie, il y a un livre que j’aimerais prendre. Il est un peu lourd… C’est le Larousse gastronomique. Je me dis que, comme ça, sur mon île, j’essaierai de faire plein de recettes avec des plantes que je ne connais pas (rires).

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Et un artiste…. Il y en a beaucoup qui sont insupportables et que j’aime bien. Alors j’emmènerais peut-être un James Brown ou un David Bowie, des musiques que j’écoutais déjà pendant l’adolescence et qui me donnent la pêche et envie de me trémousser.

Claudia YP : Super, tu serais très bien accompagnée. James Brown est très rythmé. Je trouve David Bowie à la fois très dansant et mélancolique. C’est une belle sélection !

Merci Aline d’avoir partagé ce moment avec nous, j’espère que ça plaira à toutes les personnes qui vont l’écouter. Où peut-on te retrouver pour prolonger la discussion ?

Aline P.: Sur mon compte Instagram @thebestofdiet, en kiosque et en version digitale dans Santé Magazine. Et si les auditrices ont mal au dos, elles peuvent lire mon livre 🙂

C’est toujours un plaisir d’échanger nos recettes ensemble. Et d’ailleurs j’ai récemment goûté un plat de pâtes aux courgettes que j’ai partagé sur Instagram. C’est simple et c’est très bon. J’adore la cuisine italienne qui utilise des aliments bruts, de bonne qualité et avec laquelle on peut faire de super recettes.

Claudia : Oui, ça me fait penser aux fameux Spaghetti aglio-olio-peperoncino (ail, huile, piment), c’est simple, il y a 3 ingrédients dans la sauce et c’est juste super bon !

Encore merci pour cette interview Aline. Bonne journée ou soirée à vous, en fonction de votre heure d’écoute. Et à bientôt pour de nouvelles aventures.

L’interview se termine ici, je vous présente maintenant quelques ressources complémentaires qui peuvent vous intéresser.

A vous de jouer maintenant

  • Et vous, connaissiez-vous déjà Aline et son parcours ? 
  • Etes-vous une lectrice de Santé Magazine ?
  • Avez-vous parfois mal au dos ? 

J’ai hâte d’échanger avec vous dans les commentaires.

 

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